" Pic de Hubbert "

Pétrole... que faire dans la perspective de l’épuisement des réserves pétrolières ?

Affronter le monde après Hubbert

Quel est l’évènement le plus important qui adviendra, en France et dans le monde, dans quelques années ? Le franchissement du pic de Hubbert pétrolier. Les conseillers régionaux et généraux, les députés européens et les sénateurs de 2004, puis, vers 2010, le président de la république française, le gouvernement et sa majorité, les députés, les conseils municipaux et les maires des communes, devront alors affronter une série de problèmes nouveaux et considérables. Cette note est destinée à tous ceux qui veulent se saisir de cette question, en faire la première des priorités et se préparer aux échéances difficiles qu’elle annonce.

Qu’est-ce que le pic de Hubbert ?

 C’est le début de la décroissance de la production mondiale de pétrole tandis que la demande deviendra structurellement supérieure à la production . Selon certains géologues, cet évènement commencera dans quelques années, même si le contexte actuel ne le présage pas ...

 Que se passera-t-il alors sur le marché pétrolier mondial ? Un choc. La baisse géologique de la production de pétrole à bas coût d’extraction, concomitamment à l’excès structurel de la demande sur l’offre, provoquerait une longue et définitive hausse des prix du baril. Peut-on estimer l’évolution de cette hausse après 2015 par exemple ? Non, bien sûr. Mais, certains géologues ou économistes évaluent un prix du baril de brut qui exploserair prochainement. Rappelons qu'en ce moment le baril a beaucoup baissé et est bon marché, oscillant autour de 50 dollars. Nous sommes passé par des montants de + de 100 dollars le baril ou presque. Nous n’aurons pas simplement affaire à un choc pétrolier, mais nous entrerons dans un autre monde tant est vaste et profonde la dépendance du monde actuel au pétrole bon marché.

MIEUX  QU'UN LONG  DISCOURS:

PROJECTION DE LA PRODUCTION PAR L'AIE (Agence Internationale de l'Energie)

Et une vidéo édifiante : http://reopen911.info/video/oil-smoke-mirrors-vo-st-fr.html

ROJECTION PAR L'EWG (Energie Watch Group:groupe de surveillance de l'énergie)

En savoir plus ...

Et l'uranium alors ?

Quelques conséquences possibles 

Examinons brièvement cette dépendance dans deux secteurs cruciaux : les transports et l’agriculture. L’économie matérielle mondialisée est basée sur l’hypothèse de transports bon marché à longue distance. Tant pour les biens (croissance du trafic de poids lourds, fruits exotiques sur nos marchés toute l’année, fringues fabriquées par les esclaves du Sud...), que pour les personnes (lastminute.com, opodo, low cost et autres charters...), le slogan qui résume la philosophie des transports actuels est : « plus vite, plus loin, plus souvent, et moins cher ». Dans moins de dix ans, ce sera nécessairement : « moins vite, moins loin, moins souvent, et plus cher ». 

Les pays de l’OCDE, susceptibles de payer cher et chèrement (guerres) la conservation de leur économie matérielle tenteront d’affronter le choc en important le pétrole dont ils sont dépendants et donc en exportant la famine pétrolière à l’extérieur de l’OCDE. Les pays pauvres, déjà fragiles, seront fortement déstabilisés au point, par exemple, de dissuader toute compagnie d’assurance de garantir quoi que ce soit sur ces territoires et d’inciter les entreprises transnationales à fuir ceux-ci dans un mouvement général de relocalisation des établissements au Nord. La mondialisation va se démondialiser. Effondrement du Sud.

L’agriculture et l’alimentation humaine sont très dépendantes du pétrole bon marché. On peut estimer que, dans l’Europe actuelle, il faut 10 kWh utilisés dans la production, le transport et la distribution agro-alimentaire pour un kWh servi sur la table. Comptons qu’un européen moyen avale environ 1000 kWh de nourriture par an. Déduisons que cet européen réclame 10 000 kWh annuels pour s’alimenter. La composition de cette énergie est beaucoup de pétrole, un peu de gaz naturel et un peu d’électricité. L’agriculture productiviste européenne est très sensible au cours du brut.

Plus généralement, tous les secteurs de nos sociétés « modernes » sont plus ou moins dépendants du pétrole, donc plus ou moins vulnérables à son prix. Retenons la suite des cinq chiffres : 8, 8, 22, 22, 40, qui exprime la composition de la consommation mondiale d’énergie primaire : 8% de renouvelables (hydraulique), 8% d’uranium (nucléaire), 22% de charbon, 22% de gaz naturel, 40% de pétrole. Il faut des dizaines d’années pour modifier sensiblement une telle composition. Cette seule donnée numérique permet de saisir à quel point l’ordre du monde actuel dépend des fossiles (84%), notamment du pétrole. Nous ne changerons pas significativement cette composition en moins de dix ans. Il nous faut plus de temps pour nous désintoxiquer du pétrole. Seules la sobriété et l’efficacité énergétique nous donnent ce temps de la transition, en repoussant la date du pic, en diminuant les risques de guerre.

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